baisse construction programmes neufs 2019

Le marché immobilier du neuf est à la traîne en ce dernier trimestre de l’année 2019, et c’est même une tendance qui se poursuit depuis plus d’un an.

Alors que les banques continuent de proposer des crédits à taux très intéressants (qui battent même tous les records), un essoufflement notoire est observé dans la délivrance de permis de construire et des mises en chantier (baisse de près de 8% au premier trimestre de 2019). Le marché du neuf serait-il boudé par les français ?

L’alerte était déjà donnée par les artisans du BTP

Les artisans du BTP s’inquiétaient déjà d’une très probable baisse de l’activité durant le dernier trimestre de l’année 2018. Et effectivement, même si les chiffres montrent que la construction dans le neuf est en hausse par rapport aux travaux d’entretien et de rénovation, elle est loin d’atteindre les pronostics annoncés par le gouvernement il y a quelques années.

La demande reste pourtant très soutenue, et c’est justement là le problème : il n’y a plus assez de biens neufs à vendre. Comme l’explique la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI), les entreprises du BTP, débordées par le nombre d’investisseurs toujours grandissant, ne parviennent plus à tenir ce rythme endiablé. Pour certaines, elles augmentent aussi leurs prix, ce qui ne les rend plus si accessibles pour les particuliers.

Pourquoi ce ralentissement dans le marché de l’immobilier neuf ?

Peut-on imputer cette baisse du marché aux tarifs qui ne permettent plus de s’offrir si facilement un bien neuf ? Pas vraiment. Les prix restent assez stables ou n’augmentent que légèrement (à peine +0,6 dans la construction de maisons individuelles), en tous cas pas assez pour expliquer complètement ce ralentissement de la construction immobilière.

Les élections municipales en approche

L’année 2020 approchant, et donc les élections municipales qui vont avec, les maires actuels n’ont pas forcément envie de se mettre qui que ce soit à dos en donnant leur autorisation pour des projets immobiliers, sans être sûrs que cela plaise à tous ses concitoyens.

Voilà une des raisons qui peut expliquer ce particulier ralentissement du marché neuf. Plusieurs permis de construire sont donc en attente, mais n’obtiendront probablement pas de réponse favorable avant les prochaines élections.

Des réformes pas toujours aidantes

Les réformes gouvernementales y sont aussi pour quelque chose. La volonté des institutions est de répondre à la demande de logement toujours plus forte dans les grandes zones urbaines. Elles tendent donc à réformer les aides actuellement mises en place, pour favoriser davantage les zones les plus tendues, ce qui n’aidera pas forcément les zones rurales à relancer le secteur de l’immobilier.

Le marché immobilier français se retrouve donc dans un cercle vicieux. D’une part, les prix sont très élevés dans les métropoles attractives, ce qui dissuade évidemment beaucoup d’investisseurs qui n’en n’ont pas les moyens.

D’autre part, même si les prix sont plus raisonnables dans les zones moins urbanisées, il n’en reste pas moins qu’elles sont très peu attrayantes, ce qui ne donne pas non plus envie aux potentiels acheteurs de s’y installer. Il n’y a qu’à voir le nombre de logements vacants dans ces zones pour s’en rendre compte.

Alors que le gouvernement visait le nombre de 500 000 logements neufs par an pour répondre au mal-logement en France, nous observons en fait une baisse d’environ 30 000 logements d’une année sur l’autre. Malheureusement, les prévisions ne sont pas forcément meilleures pour 2020, où les prix dans certaines grandes villes devraient encore augmenter et faire reculer davantage le marché de la construction.

La solution pourrait être d’encourager les acheteurs d’investir dans les zones oubliées du marché immobilier, mais pour cela, il faudra les convaincre en redynamisant le marché de l’emploi afin de rendre ces zones plus attractives.